SOTEXKI ou chocolaterie : le Laboratoire de philosophie de l’UNIKIS déconstruit la « destruction créatrice » de Schumpeter
La réflexion du Laboratoire attire également l’attention sur les conséquences sociales des transformations économiques.
La modernisation technologique peut entraîner la disparition de certains emplois tout en créant de nouvelles compétences et de nouveaux métiers. La création d’une entreprise entièrement nouvelle peut, quant à elle, ne pas garantir la réintégration des travailleurs issus de l’ancienne structure. C’est là l’inquiétude de plus d’un des boyomais.
Dans les deux cas, la formation et la reconversion des travailleurs deviennent donc des questions importantes.
Pour une ville comme Kisangani, où l’attente autour de la réactivation de l’activité industrielle demeure forte, l’enjeu ne peut être réduit aux seules machines, aux capitaux ou à la rentabilité.
Il concerne également les travailleurs, leurs familles et tout l’écosystème économique qui dépend indirectement de l’activité industrielle. Et là, écouter un député de décider que l’on ferme définitivement l’entreprise sans tenir compte de cette réalité, comme le fait l’honorable Patrick Matata, c’est plus une attitude d’homme politique que d’homme d’Etat pensent certains boyomais.
Deux visions qui peuvent nourrir un même débat
La position du professeur Patrick Matata met l’accent sur la nécessité de regarder vers de nouvelles industries et de ne pas reproduire indéfiniment les modèles industriels du passé.
La réflexion du Laboratoire de philosophie de du droit, de l’éducation et du numérique ne rejette pas cette exigence d’innovation après ses enquêtes scientifiques. Elle interroge plutôt l’interprétation de la « destruction créatrice » qui conduirait à considérer la disparition d’une entreprise existante comme une condition préalable à la naissance d’une nouvelle comme le veut le député Patrick Matata.
Entre les deux approches, une troisième possibilité apparaît : transformer l’existant tout en créant du nouveau pense ce Laboratoire de philosophie.
La SOTEXKI pourrait ainsi être étudiée sous l’angle de sa modernisation et de sa diversification, tandis que la filière cacao pourrait faire l’objet d’une étude sérieuse sur la création d’une industrie de transformation.
Pour une réflexion fondée sur les études de faisabilité
Au terme de cette analyse, le Laboratoire de philosophie susmentionné de l’Université de Kisangani pose moins une conclusion définitive qu’une série de questions.
Quel est le coût réel de la relance et de la modernisation de la SOTEXKI ? Quelle est sa capacité à retrouver un marché compétitif ? Quels investissements seraient nécessaires ? Quel serait le niveau d’emploi créé ou maintenu ?
Parallèlement, quelle serait la faisabilité d’une chocolaterie moderne à Kisangani ? Quelle quantité de cacao pourrait être transformée localement ? Quel investissement faudrait-il mobiliser ? Quels marchés pourraient être ciblés ? Et quelle place cette nouvelle industrie occuperait-elle dans la stratégie économique de la province ?
Ces questions nécessitent des réponses techniques plutôt que des oppositions de principe sans fondement rationnel et raisonnable.
La réflexion du Laboratoire de philosophie du droit, de l’éducation et du numérique de l’Université de Kisangani, dirigé par le professeur Grison-Trésor Kakumbi, ramène ainsi le débat à une interrogation fondamentale : comment faire de l’innovation un instrument de transformation économique sans considérer systématiquement le passé industriel comme un obstacle à éliminer coûte que coûte ?
À Kisangani, le véritable défi pourrait finalement être de savoir comment transformer ce qui existe, créer ce qui manque et articuler les deux dans une stratégie industrielle cohérente pour la Grande Orientale.
Par Pascal Kazadi
La Rédaction de votre Média, évoluant dans la ville de Kisangani, Province de la TSHOPO, en République démocratique du Congo. Contacts : +243 815 397 719 +243 854 309 033
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