PEJAB : la BAD rejette l’accusation de détournement de 57 millions de dollars visant Muhindo Nzangi
RDC – Finances. La Banque africaine de développement (BAD) apporte des éclaircissements sur la gestion financière du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agrobusiness (PEJAB). Dans une correspondance adressée au ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, l’institution détaille les décaissements effectués, les fonds annulés et les montants dont l’utilisation finale reste à documenter. Elle qualifie de « non fondée » l’accusation de détournement portant sur 57 millions de dollars, tout en renvoyant à la Banque centrale du Congo (BCC) la clarification relative aux ressources destinées aux institutions de microfinance.
Cette mise au point intervient après une demande d’explications adressée le 22 octobre 2026 par Muhindo Nzangi à la BAD. En réponse, le bureau de l’institution à Kinshasa a transmis, le 26 octobre, des informations sur l’exécution financière du projet. Le courrier est signé par Mohamed A. Cherif, directeur général adjoint et responsable pays de la BAD.
Approuvé le 9 décembre 2016, le PEJAB bénéficiait d’une enveloppe prévisionnelle de 41,07 millions d’unités de compte (UC), comprenant un prêt de 40 millions d’UC et une contribution du gouvernement congolais de 1,079 million d’UC. Cette enveloppe correspondait à environ 57 millions de dollars, selon le taux de conversion indiqué dans les informations communiquées.
Toutefois, la BAD précise que seuls 32,7 millions d’UC ont effectivement été décaissés à la clôture du projet. Sur ce montant, 12,93 millions d’UC ont été transférés à la Banque centrale du Congo pour la ligne de crédit et le mécanisme de garantie bancaire. Les 19,78 millions d’UC restants ont servi aux autres activités du projet, y compris son fonctionnement.
7,29 millions d’UC non utilisés
S’agissant des ressources non consommées, la BAD fait état d’un reliquat de 7,29 millions d’UC. Sur cette somme, 7,27 millions d’UC ont été annulés faute d’engagement avant la clôture du projet. Environ 19 000 UC restent réservés à l’audit des comptes par la Cour des comptes.
Dans un échange de courriels daté du 22 octobre, Ibro Manomi, responsable de la BAD, a également qualifié de « non fondée » l’allégation de détournement des 57 millions de dollars. L’institution indique par ailleurs que les ressources annulées, conformément à ses procédures, pourraient éventuellement contribuer au financement de futurs projets.
La traçabilité des fonds des institutions de microfinance en question
Malgré ces précisions, la destination finale des fonds mis à la disposition des institutions de microfinance (IMF) reste un point à éclaircir. Sur cette question, la BAD renvoie à la Banque centrale du Congo, appelée à fournir des informations sur les montants transférés à ces institutions ainsi que sur les éventuels soldes encore disponibles sur leurs comptes.
Parallèlement, l’audit de clôture du PEJAB est en cours à la Cour des comptes. La BAD attend les conclusions de cet exercice avant d’examiner et de valider le rapport d’audit. Un rapport d’achèvement établi en avril 2026 présente également le bilan de l’exécution technique du projet, sur la base des informations communiquées par les autorités congolaises et les partenaires concernés.
Au regard de ces éléments, la BAD distingue les fonds effectivement décaissés, les ressources affectées aux activités du projet et les montants annulés. Si elle rejette l’accusation de détournement portant sur l’ensemble de l’enveloppe annoncée, la clarification de l’utilisation finale des fonds transitant par les institutions de microfinance demeure nécessaire.
Les conclusions de l’audit de clôture sont ainsi attendues pour établir un état plus complet de la gestion financière du PEJAB et apporter des réponses aux interrogations persistantes sur la destination des ressources mobilisées.
Par Pascal Kazadi
La Rédaction de votre Média, évoluant dans la ville de Kisangani, Province de la TSHOPO, en République démocratique du Congo. Contacts : +243 815 397 719 +243 854 309 033
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