RN7 impraticable : à Yatolema, l’agriculture étouffe faute de route
À Yatolema, dans le territoire d’Opala, la relance agricole se heurte à un obstacle majeur : l’état de la route nationale numéro 7. À 92 kilomètres de Kisangani, cette voie, pourtant essentielle à l’évacuation des produits agricoles, est aujourd’hui si dégradée que le déplacement vers cette partie du territoire relève d’une véritable épreuve.
En mission d’itinérance agricole dans la Tshopo, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, en a fait lui-même l’expérience ce lundi 14 septembre 2026.
Pour atteindre Yatolema, le cortège ministériel a dû multiplier les escales. L’état particulièrement difficile de la route a contraint la délégation à abandonner certains véhicules pour poursuivre le trajet à motos.
La situation commence à être plus préoccupante à partir du point où les travaux de réhabilitation de la route s’arrêtent, à environ 16 kilomètres de Kisangani. De là jusqu’à Yatolema, les usagers doivent composer avec une route fortement dégradée, rendant la circulation particulièrement pénible.
Cette réalité préoccupe au plus haut point les habitants. Pour eux, l’enclavement constitue un frein direct à leur activité agricole : même lorsque les récoltes sont disponibles, leur évacuation vers les centres de consommation devient un véritable casse-tête.
Face à cette situation, une interrogation revient dans les échanges avec le ministre : le gouvernement congolais connaît-il réellement l’existence de ces communautés et leurs difficultés ?
Les habitants interpellent également le ministre des Finances, Doudou Fwamba, l’appelant à se pencher sur le dossier de cette route nationale numéro 7. Ils s’interrogent notamment sur le sort des fonds qui, selon eux, avaient déjà été débloqués par le gouvernement national pour les travaux de réhabilitation.
C’est dans ce contexte que la visite de Muhindo Nzangi Butondo prend une dimension particulière. Après avoir échangé avec la population et recueilli ses préoccupations, le ministre d’État s’est rendu dans une pépinière de cacao, avant de rejoindre un espace aménagé pour la plantation.
Accompagné notamment de la ministre provinciale de l’Agriculture, Bijoux Koyi Taka, il a procédé à la mise en terre d’un bananier puis d’un cacaoyer. La directrice provinciale de l’ONAPAC Tshopo, Mme Espérance, Gisèle Bombele et plusieurs habitants ont également participé à la plantation.
À Yatolema, le contraste est saisissant : la terre offre des possibilités agricoles, mais la route menace de réduire ces potentialités à néant. Sans une voie praticable pour évacuer les récoltes, la relance du cacao, du bananier et d’autres productions agricoles risque de rester limitée.
Pour parvenir jusqu’à Yatolema dans ces conditions, il aura fallu au ministre d’État une bonne dose d’endurance et un véritable esprit de terrain. Une expérience qui met surtout en lumière l’urgence d’une réponse concrète à la question de la RN7, devenue une condition essentielle au désenclavement et au développement agricole de cette partie du territoire d’Opala.
La Rédaction
La Rédaction de votre Média, évoluant dans la ville de Kisangani, Province de la TSHOPO, en République démocratique du Congo. Contacts : +243 815 397 719 +243 854 309 033
Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.



Laisser un commentaire