Echos

Isiro sous la menace des criquets ravageurs : les jardins maraîchers décimés

img 20260203 wa0006.jpg

La détresse gagne la population agricole de la ville d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uele. Après une longue période de sécheresse ayant considérablement affaibli le pouvoir germinatif des cultures, les agriculteurs font désormais face à une nouvelle épreuve : une invasion massive de criquets ravageurs, localement appelés « malizabe », qui saccagent les jardins des paisibles citoyens, constate un reporter d’un site d’information en ligne.

Depuis quelques jours, ces insectes prolifèrent dans plusieurs cultures maraîchères, avec une prédilection marquée pour les feuilles de manioc, communément appelées « pondu ». Or, cet aliment constitue l’un des plats les plus consommés par les ménages, surtout en cette période de sécheresse. Les quartiers les plus touchés sont notamment Ndubala, Akpokoma, Tely, Magambe ainsi que Gamba, tous situés dans la ville d’Isiro.

Les conséquences de cette invasion sont déjà visibles sur le terrain. Les agriculteurs observent une faible croissance des feuilles de manioc, des champs partiellement ou totalement dévastés, mais aussi une inquiétude grandissante liée aux risques sanitaires. Certains riverains redoutent l’apparition de maladies ou d’infections pouvant résulter de la consommation de légumes contaminés par ces criquets.

Face à cette situation préoccupante, aucune communication officielle des autorités locales n’a encore été enregistrée. En attendant une éventuelle réaction institutionnelle, l’ingénieur John Tongo, agronome phyto-technicien et enseignant-chercheur dans la filière nutrition à l’ISTM Isiro, appelle la population à la prudence. Il recommande de laver soigneusement les légumes, en particulier les feuilles de manioc, à l’eau chaude avant toute préparation culinaire, afin de réduire les risques sanitaires, notamment ceux liés aux larves que ces insectes pourraient laisser sur les aliments.
Sur le plan agricole, cet expert conseille également la pulvérisation de produits biologiques à base de piment, d’ail et de savon en poudre. Il invite par ailleurs les agriculteurs à respecter les techniques culturales appropriées, telles que le sarclage régulier et l’association du manioc avec des cultures dites « barrières » contre les criquets, notamment le maïs et le sorgho.

Cependant, aucune campagne de sensibilisation communautaire n’a encore été menée, ni sur les mesures préventives à adopter, ni sur les méthodes scientifiques efficaces permettant d’éradiquer durablement ces criquets dans les champs.
Désemparés, les paysans lancent un cri d’alarme au ministre de l’Agriculture, l’appelant à s’impliquer urgemment dans la lutte contre cette invasion afin de limiter les dégâts agricoles et de prévenir les risques sanitaires qui en découlent.

À titre de rappel, il y a environ trois ans, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait déjà alerté sur l’apparition de criquets ravageurs dans la province voisine de l’Ituri, à l’est de la RDC. À l’époque, les systèmes d’éradication n’avaient jamais été véritablement maîtrisés par les paysans, notamment en raison du manque de coordination dans la lutte. Chaque citoyen agissait individuellement dans son champ, favorisant ainsi la migration des criquets vers les parcelles voisines, au lieu d’une action collective structurée au sein des associations agricoles.

La Rédaction

La Rédaction de votre Média, évoluant dans la ville de Kisangani, Province de la TSHOPO, en République démocratique du Congo. Contacts : +243 815 397 719 +243 854 309 033