Basoko : l’UDEBA sort un dossier accablant contre FODECO et exige l’arrêt de ses activités
Kisangani, 18 juillet 2026 – L’Union pour le Développement de Basoko (UDEBA/ONGD) est montée au créneau ce samedi à Kisangani pour dénoncer ce qu’elle qualifie de graves irrégularités dans l’exploitation forestière menée par la société chinoise FODECO SARL dans la chefferie des Yaliwasa, territoire de Basoko, province de la Tshopo.
Au cours d’un point de presse, le président du Conseil d’administration de l’UDEBA, le Professeur Antoine Modia Oyandjo, a dressé un tableau préoccupant de la gestion de cette concession forestière. Selon lui, les activités de l’entreprise s’effectueraient depuis plusieurs années en violation de la législation congolaise et des droits des communautés locales.
Une concession réhabilitée malgré une résiliation
Selon les explications fournies par l’UDEBA, le contrat de concession forestière n°003/15, signé le 16 août 2015, avait été résilié en 2016 à la suite de manquements constatés. L’organisation affirme toutefois que ce contrat a été réhabilité en février 2018 par l’arrêté ministériel n°009/CAB/MIN/EDD/AAN/05/2018.
L’ONGD soutient qu’à ce jour, plusieurs obligations légales n’auraient toujours pas été respectées, notamment la réalisation d’une Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES), l’élaboration d’un plan d’aménagement forestier ainsi que la production régulière des rapports techniques exigés par la réglementation.
L’UDEBA accuse également FODECO d’avoir regroupé quatre entités coutumières – Gbakulu, Winawina, Onduka-Opandu et Mohonge – sous un seul cahier des charges social, une démarche qu’elle juge contraire aux intérêts des communautés concernées. L’organisation évoque également l’existence de documents qu’elle estime irréguliers ou falsifiés.
Des accusations de surexploitation forestière
Sur le plan environnemental, l’UDEBA dénonce ce qu’elle décrit comme une exploitation forestière non conforme aux normes de l’Exploitation Forestière à Impact Réduit (EFIR).
Parmi les principales accusations figurent :
l’abattage d’arbres en dessous du Diamètre Minimum d’Exploitation (DME) autorisé ;
l’exploitation d’essences non autorisées ;
des coupes réalisées en dehors des limites de la concession ;
la destruction de zones écologiquement sensibles, notamment les marécages et les têtes de sources d’eau ;
l’absence de mécanismes indépendants de contrôle du volume réel de bois exploité.
Selon l’organisation, ces pratiques compromettent la régénération des ressources forestières et fragilisent les écosystèmes locaux.
Des préoccupations sociales
Au-delà des questions environnementales, l’UDEBA évoque également plusieurs préoccupations relatives aux conditions de travail des employés locaux.
L’organisation affirme que de nombreux travailleurs exerceraient sans contrat de travail conforme, dans des conditions qu’elle juge précaires, avec des rémunérations inférieures au Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG).
Le Professeur Antoine Modia Oyandjo fait également état d’allégations d’agressions physiques, d’intimidations, d’arrestations arbitraires et de pressions exercées contre certains travailleurs et membres des communautés locales.
L’UDEBA critique la reprise rapide des activités
L’organisation s’interroge également sur la décision ayant permis à FODECO de reprendre ses activités seulement quelques jours après leur suspension.
Selon l’UDEBA, l’entreprise avait été suspendue le 10 juillet 2026 avant d’être autorisée à reprendre l’exploitation dès le 16 juillet, une situation que l’organisation considère comme incompréhensible et révélatrice de dysfonctionnements dans la gouvernance du secteur forestier.
Les revendications de l’UDEBA
Face à cette situation, l’UDEBA appelle la ministre de l’Environnement à intervenir afin de :
annuler définitivement l’arrêté ministériel de 2018 ayant réhabilité la concession ;
suspendre les activités de FODECO dans la chefferie des Yaliwasa ;
engager un processus d’indemnisation des communautés affectées pour les préjudices environnementaux et socio-économiques subis ;
restituer les terres concernées aux communautés locales dans le cadre des dispositions du Code forestier relatives à la foresterie communautaire ;
promouvoir la reconversion des espaces concernés vers des projets de conservation et de valorisation des crédits carbone.
Un appel aux autorités
En conclusion de son intervention, le président de l’UDEBA a lancé un appel aux parlementaires nationaux et provinciaux ainsi qu’aux autorités compétentes afin qu’ils s’impliquent davantage dans le suivi de ce dossier.
L’organisation appelle également les populations de Basoko à rester mobilisées pour la défense de leurs ressources naturelles et de leurs droits, estimant que l’avenir des forêts de la Tshopo constitue un enjeu majeur pour les générations futures.
Au moment de la mise en ligne de cet article, FODECO SARL n’avait pas encore réagi publiquement aux accusations formulées par l’UDEBA. Sa version des faits sera publiée dès qu’elle sera disponible, conformément aux principes de l’équilibre de l’information.
La Rédaction
La Rédaction de votre Média, évoluant dans la ville de Kisangani, Province de la TSHOPO, en République démocratique du Congo. Contacts : +243 815 397 719 +243 854 309 033
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